De l’anonymat sur le web

Point de recette aujourd’hui, les amis.

Juste le relais de l’appel lancé par Pierre Chappaz (Pdg de Wikio),Jean-Baptiste Clot (Pdg Canalblog), Olivier Creiche (Pdg d’EZ Embassy), Jean-François Julliard (secrétaire-général de Reporters sans frontières), Frédéric Montagnon (Pdg Over-blog), Tristan Nitot (Président de Mozilla Europe), Philippe Pinault (Pdg Blogspirit), Jeremie Zimmermann et Philippe Aigrain (La Quadrature du Net).

De quoi s’agit-il ? Eh bien, plutôt que de vous faire un mauvais résumé de l’affaire, je vais me permettre de reprendre le texte de l’appel. Oui, il s’agit d’un appel contre le projet de loi visant à contraindre les blogueurs à signer leurs commentaires de leur vrai nom.

Voici le texte de l’appel : « Nous tenons à affirmer notre attachement à la liberté d’expression sur Internet, qui a permis à tout un chacun de participer au formidable développement de l’information et des débats sur le réseau.

Une proposition de loi , déposée par le Sénateur Masson , prévoit de remettre en cause le droit à l’anonymat des blogueurs.

Il s’agirait de leur imposer la publication de leur nom et de leur adresse mail.

Nous considérons qu’une telle loi porterait atteinte à la liberté d’expression sur Internet.

Les blogueurs qui choisissent l’anonymat le font pour des raisons liées à leur vie professionnelle ou personnelle. Sans cet anonymat beaucoup arrêteraient de bloguer.

Nous appelons les députés et sénateurs à refuser cette proposition de loi, qui contrairement à ce que prétendent ses auteurs, n’apporterait rien en ce qui concerne la protection contre la diffamation, déjà efficacement assurée par la loi actuelle. Rappelons que la loi LCEN fait obligation aux hébergeurs de blogs de supprimer immédiatement les publications litigieuses sur simple demande, et de communiquer le cas échéant à la justice les coordonnées de l’auteur.

Il n’est donc nul besoin d’une loi supplémentaire qui aurait pour seul effet de brider la liberté d’expression des internautes. » (source : wikio.fr)

source : www.sxc.hu

Et je soutiens cet appel car il n’est nul besoin d’une nouvelle loi pour protéger de la diffamation. L’arsenal législatif existe déjà. Alors pourquoi ce nouveau projet de loi que j’assimilerais à une tendance sécuritaire ? D’où vient donc cette crainte vis-à-vis d’Internet ?
Oh certes, il n’est pas question ici de nier ce qu’on appelle les « dérives » (diffamations, rumeurs, fausses informations visant à manipuler l’image ou le travail de certains…). Ces « dérives » ne sont pourtant pas nouvelles, elles ne font qu’utiliser le medium internet au lieu de la banale feuille de chou ou de la lettre de corbeau.
Car, voyez-vous, ce n’est pas au risque pédopornographique que le Sénateur Masson s’attaque mais bien au risque diffamatoire. Sans doute, est-il embêtant pour certains de suivre la procédure pourtant parfaitement explicite depuis le vote de la LCEN. Vous comprenez, le dépôt de plainte, la commission rogatoire, tout ça… Sans doute serait-il plus simple que chacun se dénonce dès le départ. Au cas où il lui viendrait à l’idée de lancer une rumeur sur un personnage public. Pas du tout en prévision d’un délit d’opinion… Non, pensez-vous !

Alors non. Non, franchement, ça ne me botte pas de devoir décliner mon identité à chaque billet publié ici ou ailleurs. Vous me direz, je ne suis qu’une petite blogueuse culinaire. Une petite nana ne prenant pas, ou peu, position sur les choses publiques. Certes. Mais voyez-vous, si toutes les petites blogueuses culinaires viennent à se mobiliser pour une cause ou contre une action, ça risquerait de faire un sacré ramdam. Oui, j’oubliais de vous dire : les réseaux du web, tout ça, ça fait partie de mon métier.
Pour vous, je suis Tweet. Juste Tweet. Quelques-uns parmi vous connaissent mon nom ou pour le moins mon prénom. C’est bien comme ça, n’est-ce pas ? Si j’avais eu envie de créer un blog à mon vrai nom, je l’aurais fait. Et moi, je tiens au droit qui m’a été donné de publier ici ou ailleurs de manière anonyme. Pas comme un corbeau, non, juste en utilisant mon pseudo. Celui sous lequel vous me connaissez, celui sous lequel vous me reconnaissez.
Imaginez si je tenais un blog satirique, d’opinion ou d’investigation. Imaginez ce que serait ma liberté de dire ce que je pense et ce que j’ai trouvé. Imaginez bien car, n’étant pas journaliste, je n’aurais aucune protection. Et encore, la leur se réduit comme peau de chagrin (référence faite à l’obligation de dévoiler ses sources dans certains cas…). Quoiqu’eux, comme les écrivains, ont encore le droit d’utiliser un pseudo pour écrire.
Imaginez encore que je ne sois pas française mais étrangère et que je blogue depuis la France, en exil, au sujet des excès commis par le régime de mon pays natal. Imaginez que je sois obligée de signer de mon nom. Imaginez alors quelle serait ma vie.

Moi, je n’ai pas envie d’imaginer. Parce que je lis ça et ça. Parce qu’il n’est point besoin d’imaginer quand cela existe déjà.

Evidemment, je vous invite à vous faire votre propre opinion. Mais si vous aussi, vous souhaitez soutenir cet appel, que vous soyez blogueur ou non, laissez un commentaire . Et encore mieux et si vous le souhaitez, relayez cet appel sur vos blogs.

7 Comments

  1. Je viens de diffuser ton billet, très bon, sur facebook, puisque ça s’avère un bon moyen d’informer, parfois…
    Tu as raison sur le fond, et d’ailleurs, j’aurais aimé conserver cet anonymat, ce qui m’aurait permjse, parfois de lâcher des trucs au lieu de m’auto-censurer, au cas où! Alors oui, gardons nos pseudos!

  2. ika

    Oui, la lutte contre ce genre d’abus est à poursuivre. Le net dérange sérieusement le gouvernement car il ne le maîtrise pas. Les pays où actuellement leur gouvernement censure certaines parties d’internet sont tout simplement sous dictature ou au moins en difficulté avec leur population…. Pour ne pas en nommer, la Chine, la Tunisie et tellement d’autres….
    Plus d’anonymat, Hadopi….. ou comment enlever ce droit à l’écriture.
    Je suis avec toi pour cet appel !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *